A cost-benefit analysis of Hollow Water first Nation’s community holistic healing process

Auteur(s) : E. BULLER

Titre : A cost-benefit analysis of Hollow Water first Nation’s community holistic healing process

Année : 2004

Type de mesure : Cercle de guérison

Lieu(x)/ localisation : Canada (Hollow Water)

Méthodologie : Afin de répondre à la frustration vécue par les peuples autochtones qui n’avaient pas été associés à plusieurs recherches menées précédemment, l’approche participative a été privilégiée selon les principes de collaboration, d’apprentissage mutuel et d’action sur les résultats. Plus précisément, il s’agit de trouver un équilibre entre le fait de recueillir des connaissances dans les communautés et de leur en restituer les bénéfices. Le sujet délicat des violences sexuelles abordées ici a nécessité l’établissement de 3 protocoles prenant en compte cette spécificité.

Le premier concerne l’entrée ou l’admission dans la communauté, le deuxième a trait à la permission ou autorisation requise pour effectuer la recherche au sein de la communauté et le dernier concernant la relation consiste à trouver l’équilibre entre ce qui est « pris » (connaissances) de la communauté et ce qui lui est « rendu » (opportunités, informations, expertise).

Le CHCH (Community Holistic Circle Healing) peut être considéré comme un programme alternatif qui permet à l’auteur de rester dans la communauté tout en participant à un processus intensif de guérison au cours duquel il reconnait sa responsabilité et qui lui offre de vraies possibilités de changement. Afin de déterminer les coûts engendrés par le cercle de guérison et de les comparer au processus de justice classique par lequel serait passé l’auteur, chaque étape du processus judiciaire est financièrement évaluée à partir du moment du report de l’infraction jusqu’à celui de la libération, l’incarcération représentant le coût le plus élevé. L’analyse coût/bénéfice d’un programme suppose souvent la distinction entre les coûts marginaux (le coût suscité par l’ajout d’un auteur dans le système de justice pénale) et les coûts moyens ou opérationnels (la division du coût total par le nombre d’unités ou de personnes concernées par ce coût).

Par exemple, selon le Service Correctionnel du Canada pour l’année 1999-2000, le coût moyen d’un détenu homme est de 67 686 $ et de 115 465 $ pour une détenue tandis que le coût marginal d’un détenu supplémentaire incarcéré dans le système fédéral est de 13 720 $.

Résultats quantitatifs : Le coût du CHCH pour l’année soumise à l’étude s’élève à 300 000 $, le Département de la Justice finance à hauteur de 125 000 $, la Province du Manitoba à hauteur de 125 000 $ également, et des bénéfices sont reçus de part de la communauté.

En 10 ans, 107 auteurs ont participé au CHCH après avoir été inculpés principalement pour agression, agression sexuelle et vol avec effraction.

Dans l’étude, le coût marginal a été calculé selon deux hypothèses : les auteurs auraient effectivement participé à un procès, auraient été jugés coupables et auraient été condamnées à la peine moyenne appliquée au niveau national ; chaque auteur selon les moyennes et tendances nationales concernant les personnes autochtones incarcérées au niveau fédéral aurait purgé 66% de leur peine. Selon ces critères, le coût minimal engendré par la prise en charge des participants à un CHCH par le système de justice classique serait de 2 461 318 $. Au niveau provincial, le coût est de 2 631 414 $. En outre, le CHCH offre un soutien aux victimes et aux proches de celles-ci comme des auteurs qui correspondrait en équivalence à deux postes de conseillers employés auprès des services provinciaux dédiés à l’aide aux victimes.  Sur 10 ans, ces deux emplois couteraient 1 120 000 $ à la province du Manitoba. 

Comparativement et au regard des projections réalisées sur 10 ans, les économies réalisées par le gouvernement du Canada seraient de 3 812 732 $ et de 2 551 414 $ pour la province du Manitoba.

La récidive moyenne est de 13% pour les AICS et de 36% pour les autres infractions, en 10 ans avec le CHCH le taux de récidive s’élève à 2%.

Résultats qualitatifs : Les bénéfices engendrés par le CHCH se mesurent également à l’aune de plusieurs constats : des programmes de soutien communautaires sont opérationnels ; les enfants sont plus heureux ; se sentent plus en sécurité et plus confiants ; les parents sont plus impliqués dans l’éducation de leurs enfants ; environ 50 enfants provenant d’autres communautés des « Premières Nations » sont en famille d’accueil à Hollow Water ; Hollow Water étend son processus de soin pour répondre aux besoins des jeunes auteurs ; aucune activité de « gang » n’est signalé à Hollow Water ; les jeunes restent à l’école et dans la communauté plus longtemps ; les offenses commises par les personnes marginales diminuent ; un nombre croissant de marginaux retourne au lycée pour terminer leur cursus scolaire ; de moins en moins de résidents d’Hollow Water partent et de plus en plus reviennent au sein de la communauté ; les résidents d’autres communautés de Premières Nations viennent s’installer à Hollow Water ; les questions du logement et de l’emploi à plein temps sont abordées stratégiquement ; l’alcoolisme a quasiment été éradiqué au sein de la population la plus âgée et la toxicomanie est abordée par la communauté auprès des jeunes ; la santé générale des personnes est meilleure que la moyenne constatée au Manitoba ; la sensibilisation de la communauté sur une alimentation saine a été accrue ; l’espérance de vie a augmenté de 63 à 70 ans.

Remarques : La recherche a démontré que les processus communautaires de guérison ont le potentiel d’utiliser les valeurs traditionnelles ainsi que les pratiques spirituelles et culturelles pour améliorer la prise en compte des auteurs, des victimes, de leurs familles et de la communauté.

Lien http://ir.lib.uwo.ca/cgi/viewcontent.cgi?article=1310&context=aprci

 

I.F.J.R, BP 70131, 64001 PAU CEDEX 01