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Robert CARIO, président de l’Institut vous présente ses voeux pour la nouvelle année 2017

Publié par Noémie Micoulet le



 

L’année 2016 a marqué un tournant majeur dans la diversification et la pérennisation des activités de l’IFJR tant au niveau national qu’international. Grâce au soutien de nos généreux donateurs, à la confiance de nos nombreux partenaires institutionnels et associatifs, l’IFJR organise sa première « Conférence Internationale de Concertation » sur le thème de « La justice restaurative en action(s) : Pratiques et innovations françaises. Perspectives comparées au travers de témoignages internationaux », les 18 et 19 janvier 2017 à l’UNESCO, à Paris. Ce temps d’échanges sur les pratiques et expériences professionnelles à l’œuvre en justice restaurative sur tous les continents devrait nous conduire à dépasser les écueils toujours sensibles dans notre pays, mais aussi à conforter nos bonnes pratiques sur le chemin de la Justice restaurative.

L’Institut demeure l’acteur majeur de la promotion de la Justice restaurative en France entière au travers de son programme « Passeur de Justice restaurative », avec plus de 120 interventions (d’une à deux journées en moyenne) depuis la création de l’Institut, en France et dans les territoires ultra-marins.

La fréquentation du site progresse, par tous types de publics, pour une durée de plus en plus longue. Son actualisation et sa gestion de grande qualité y contribuent fortement. Le recrutement d’une chargée de mission communication à temps plein en 2017 et la modification de notre site internet vont encore favoriser grandement la fluidité de l’accès à ses contenus.

L’accompagnement de structures soucieuses de mettre en œuvre des mesures restauratives ne cesse de se développer. Après l’APCARS (Ile de France, Paris), l’APAVIM (Pyrénées), d’autres structures nous ont sollicités : l’ADIAV en partenariat avec le SPIP 34 (Hérault) depuis 2015 ; la CORSAVEM en partenariat avec le SPIP de la Corse, REMAID (Drôme) en partenariat avec le SPIP 26 depuis 2016. De nouvelles demandes provenant de plusieurs régions de métropole et d’outre-mer vont se concrétiser en 2017 : 33 programmes sur 22 Cours d’appel, l’objectif étant d’en mettre en place partout en France et de multiplier les Services régionaux de Justice restaurative (SRJR) qui font déjà la preuve de leur grande utilité au sein de quelques Cours d’appel.

Les évaluations que nous menons ou entamons auprès de ces structures, ou services (Services Pénitentiaires d’Insertion et de Probation, Associations d’Aide aux Victimes) ayant conventionné autour d’un programme restauratif particulier, soulignent la pertinence non seulement des préconisations éthiques et déontologiques que l’Institut considère comme incontournables mais encore le respect des protocoles méthodologiques qu’il a construit.

Le nombre de formations explose littéralement. Le « Module 1 : les enjeux de la mise en œuvre des mesures de justice restaurative » réalisé en partenariat avec l’Institut National d’Aide aux Victimes et de Médiation (INAVEM) a connu un rythme soutenu en 2016. Ces formations délocalisées ont eu lieu partout en France, à destination des professionnels et bénévoles des diverses organisations investies à tous les stades de la chaîne pénale. À ce jour, plus de 580 personnes ont participé à une formation.

Le partenariat en matière de formation à l’animation de rencontres restauratives, conclu avec l’Ecole Nationale d’Administration Pénitentiaire (ÉNAP, Agen) et l’INAVEM correspond à une authentique et pressante demande des professionnels souhaitant s’engager dans l’animation de rencontres restauratives. Ces « Modules 2 » ont réuni des professionnels de l’Administration pénitentiaire, des professionnels de l’aide aux victimes, des agents de la Protection judiciaire de la jeunesse et des bénévoles. Moments uniques de formation, tant dans l’apprentissage de l’animation de rencontres restauratives, que dans les échanges entre professionnels, ils ont conduit à la délivrance de 123 « Certificats d’animateur de rencontres restauratives », réunissant des professionnels issus de 27 des 36 Cours d’appel du territoire national.

Huit périodes de formation sont fixées pour 2017 à l’ENAP : « Modules 2 » relatifs aux « RDV/RCV », aux « Cercles de soutien et de responsabilité » (CSR/CAR) et à la « Médiation restaurative ». Au cours de cette année, le « Module 3 », consacré à « L’analyse des pratiques », sera complété par un nouveau « Module 4 » destiné à renforcer les compétences des futurs formateurs par l’acquisition d’éléments « d’ingénierie pédagogique ».

Cette spécialisation des professionnels (des SPIP, des Associations d'Aide aux Victimes et, espérons–le, de la Protection Judiciaire de la Jeunesse) pour la mise en place de bonnes pratiques restauratives est la  condition sine qua non de la pérennisation de la Justice Restaurative dans notre pays. Il importe en effet de s’assurer de la sécurité (psychique notamment) des participant(e)s afin de leur permettre de cheminer en confiance vers un potentiel horizon d’apaisement. Et c’est grâce à la complémentarité harmonieuse entre la réponse pénale sur les conséquences du crime (sanction/indemnisation) et la réponse restaurative (sur les répercussions du crime) que ces objectifs peuvent globalement être atteints. Le gain en termes de bien-être social, de diminution de la récidive, de retissage du lien social est à ce prix-là, incontestablement.

Dans ce même esprit de professionnalisation, six formations au bénéfice des « Membres de la communauté » se sont déroulées en France et dans les territoires ultra-marins : près de 110 personnes ont été formées en 2016.

Des « Journées de sensibilisation à la Justice restaurative » continuent d’être programmées tant auprès des professionnels de structures associatives, qu’auprès de professionnels de l’Administration pénitentiaire.

L’Institut renforce ses actions Outre-mer. Durant l’année écoulée, des formations et des actions de sensibilisation ont eu lieu à Mayotte, La Réunion et en Nouvelle Calédonie. Dès 2017, ces actions de formations et de sensibilisation vont se renouveler en Martinique, à La Réunion et en Polynésie.

Fort de ces dynamiques et grâce au soutien financier remarquable du Ministère de la Justice (Service de l’Accès au Droit et à la Justice et de l’Aide aux Victimes), l’Institut a pu étoffer son équipe, passant d’un salarié à trois durant l’année 2016, avec le recrutement de Noémie Micoulet ès qualités de Chargée de mission dès le mois de janvier 2016 et d’Emilie Matignon ès qualités de Chargée de mission Formation et Recherche depuis le mois d’août 2016. Dès ce mois de janvier, Kali Volle, ès qualités de chargée de mission communication intègre notre Institut en vue d’appuyer nos futurs projets. Dans le même ordre d’idées, un « réseau de l’IFJR », réunissant les personnes ressources bénévoles, sera créé afin de permettre aux nombreuses personnes qui en ont exprimé le souhait de pouvoir nous soutenir, selon leurs disponibilités et compétences, dans les multiples projets portés par notre Institut.

J’envisage 2017 avec beaucoup de sérénité, mais aussi de responsabilité. Soutenu par les membres de notre Bureau, nos donateurs, financeurs et partenaires de plus en plus nombreux, je mesure le chemin parcouru depuis la création de l’Institut en 2013. J’en remercie vivement l’équipe de l’Institut qui m’accompagne sans relâche, avec beaucoup de compétences. Je me réjouis que la Justice restaurative ne soit plus une utopie dans notre pays, car la connaissance du probable qui m‘anime depuis tant d’années nous a permis de faire advenir le possible, très concrètement, grâce à vous toutes et tous.

Que 2017 nous ouvre davantage encore à l’écoute du plus grand nombre de personnes toujours en souffrances pour avoir côtoyé le crime.

Que 2017 soit pour chacune et chacun d’entre vous une très belle année restaurative, pleine d’amour, de paix et de partage.

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